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Le sumo (相撲, sumō)

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Tatout
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Le sumo (相撲, sumō)

Message par Tatout le Jeu 7 Juil - 12:20

Le sumo (相撲, sumō?) est un sport de lutte japonais. Le combat sumo se caractérise par le gabarit des lutteurs ainsi que par les nombreux rites traditionnels qui entourent les combats. Ce sport reste très populaire au Japon, même si le baseball et le football le détrônent désormais, notamment chez les jeunes.



Histoire

Les origines


Le sumo fut mentionné pour la première fois en 712 dans le Kojiki, ou Récit des Temps Anciens, premier livre d'écriture japonaise. Le Kojiki relate la victoire de Takemikazuchi (ja) contre Takeminakata (ja), deux dieux anciens lors d'un combat de sumo. C'est ainsi que le peuple mené par Takemikazuchi obtint la possession des îles japonaises et que fut fondée la famille impériale dont est issu l'actuel empereur1.
Mis à part cette légende, il semble que les combats sumo soient apparus il y a près de 1 500 ans, sous forme de rituels religieux shinto : des combats sumo ainsi que des danses et du théâtre étaient dédiés aux dieux (kami) en même temps que des prières pour obtenir de bonnes récoltes1.
D'autres anciennes luttes asiatiques telles que la lutte mongole, le shuai jiao chinois et le ssirum coréen auraient également pu avoir une influence.


Période Nara


Article connexe : Période Nara.
Au viiie siècle, les combats sumo sont introduits dans les cérémonies de la Cour Impériale1. Des tournois annuels sont organisés, accompagnés de musique et de danses auxquelles participent les combattants victorieux1. Les combats de l'époque, qui mélangent boxe et lutte et qui autorisent presque tous les coups, restent très éloignés des combats de sumo actuels1. Cependant, sous l'influence de la Cour Impériale, des règles furent progressivement formulées, des techniques furent développées et le combat sumo devint proche de ce qu'il est actuellement1.


À partir de la Période Kamakura


Article connexe : Période Kamakura.
L'établissement d'une dictature militaire à Kamakura en 1192 est suivie d'une longue période de guerres et d'instabilité1. Le combat sumo est tout naturellement vu par les chefs sous l'angle militaire et est utilisé pour augmenter l'efficacité au combat des soldats (samouraïs), en particulier pour immobiliser l'adversaire1,2.
L'unification du Japon sous le shogunat Tokugawa, en 1603, est suivi d'une période de paix et de prospérité, marquée par le développement d'une classe aisée de commerçants1. Des groupes de sumo professionnels sont créés pour divertir la classe bourgeoise et le combat sumo prend sa forme actuelle, en tant que sport national du Japon à partir du XVIIIe siècle1,2. À la restauration de Meiji (fin du XIXe), des associations et des syndicats se créent, et le sport se professionnalise progressivement au début du XXe siècle2. La période de l'expansionnisme du Japon Shōwa (1926-1945), qui s'accompagne d'une idéologie nationaliste, provoque un essor du sumo2.


De nos jours


En 1925 se crée l'Association japonaise de sumo (JSA), qui gère les compétitions professionnelles de sumo. Elle organise depuis 1936 les tests de sélection annuels des nouvelles recrues3. Depuis les années 1990, le recrutement s'avère difficile, et pour la première fois en 2007, le test a été annulé faute de candidats3. En contrepartie, on retrouve de plus en plus de lutteurs étrangers, notamment des Américains (Austronésiens) et des Mongols, les plus connus étant Akebono (premier non-japonais à devenir yokozuna), Konishiki (en), Musashimaru (en), Asashōryū, Hakuhō et Harumafuji3. À partir de 2002, le nombre de lutteurs étrangers par écurie est limité à un seul lutteur4. En février 2010, face à l'augmentation du nombre de naturalisations de lutteurs étrangers (six depuis avril 2009), c'est le nombre de lutteurs nés à l'étranger qui est limité à un4.
Les principaux tournois (honbasho) sont diffusés par le service public NHK à la radio depuis 1928 et à la télévision depuis 19535. Seul le tournoi de juin 2010 n'a pas été diffusé suite à un scandale de paris illégaux5. Des tournées de promotion à l'étranger sont régulièrement organisées par l'association ou par les écuries (clubs des lutteurs) : à Las Vegas en 2005, en Israël en 2006, à Hawaï en 2007 et à Los Angeles en 2008, alors que celle de 2009 à Londres est annulée faute de moyens suite à la crise économique6,7.


Les rikishi

Le sumo professionnel est un sport réservé aux hommes. Les lutteurs de sumo sont appelés au Japon rikishi (力士?, litt. « professionnel de la force »), voire o-sumō-san (お相撲さん?, litt. « M. Sumo », avec une marque de respect), plutôt que sumotori (相撲取り, sumōtori?), appellation usitée en France, mais peu au Japon, si ce n'est pour les débutants.
Lors des combats, ils ne sont vêtus que du mawashi, une bande de tissu serrée autour de la taille et de l'entrejambe, qui constitue la seule prise solide autorisée pendant le combat. Celle-ci fait réglementairement entre 9 et 14 mètres suivant la corpulence du rikishi. Ils sont coiffés selon le style chon mage : les cheveux, lissés avec de l'huile, sont maintenus par un chignon. Un rikishi garde ses cheveux longs pendant toute sa carrière active ; son départ à la retraite est marqué par une cérémonie (danpatsu-shiki) au cours de laquelle ce chon mage est coupé. Les rikishi des divisions supérieures sont coiffées en oicho-mage (le chignon a une forme une feuille de ginkgo) lorsqu'ils sont en tournoi ou en représentation.
Il n'y a pas de catégorie de poids pour les rikishi et il peut arriver que l'un des combattants ait plus du double du poids de l'autre (les poids de rikishi pouvant aller de 70 à 280 kg). Cependant, les rikishi des meilleures divisions pèsent en moyenne environ 150 kg, poids semblant le plus à même d'assurer à la fois stabilité et souplesse.
La vie quotidienne du rikishi est très réglementée : réveil à 5 heures du matin, entraînement, repas de midi à base de chanko nabe, sieste et repas du soir également à base de chanko nabe. Les entraînements suivent un certain nombre de rituels ancestraux et les lutteurs les mieux classés se font servir par les apprentis.


Le combat

Avant l'affrontement, les lutteurs chassent les esprits en frappant le sol avec les pieds, après les avoir levés très haut : il s'agit du shiko. En signe de purification, ils prennent une poignée de sel et la lancent sur la zone de combat (délimitée par un cercle de 4,55 mètres de diamètre) du dohyō : on parle alors de kiyome no shio. Il y a également le rituel de « l'eau de force » que le rikishi boit puis recrache. Ce sont les trois gestes rituels les plus importants avant le début du combat proprement dit.
Le combat débute au signal du gyōji, l'arbitre, qui présente alors l'autre face de son éventail. Après une phase d'observation, les lutteurs doivent toucher le sol avec leurs deux mains pour accepter le combat. La confrontation physique peut alors commencer (le début du combat où les deux lutteurs se jettent littéralement l'un sur l'autre est appelé tachi-ai), les deux protagonistes s'élancent l'un vers l'autre, le but étant d'éjecter l'adversaire hors du cercle de combat ou de lui faire toucher le sol par une autre partie du corps que la plante des pieds. Les combattants peuvent utiliser les prises parmi les 82 autorisées. Ces prises gagnantes sont appelées kimarite.

En savoir plus.

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